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Anticolonialism_Decolonization_Créolité_Freedom

Dernier ajout : 2 janvier.

Dossier thématique
L’anticolonialisme comme culture et comme société et comme résistance. La créolité citoyenne comme existence.
Cette rubrique est dédiée à la question posée à Paris lors de l’Assemblée Nationale du 7 février 2012 par le député Serge Letchimy au Premier Ministre Fillon à propos d’une déclaration sur les civilisations par le Ministre de l’Intérieur Guéant.

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     «  Ni Européens, ni Africains, ni Asiatiques, nous nous proclamons Créoles. Cela sera pour nous une attitude intérieure, mieux : une vigilance, ou mieux encore, une sorte d’enveloppe mentale au mitan de laquelle se bâtira notre monde en pleine conscience du monde. »

Jean Barnabé, Patrick Chamoiseau, Raphaël Confiant, Éloge de la créolité, éd. Gallimard,
Paris, 1989 ; nouvelle édition bilingue, English and French Edition, Gallimard, Paris, 1993.

     «  Il faudrait d’abord étudier comment la colonisation travaille à déciviliser le colonisateur, à l’abrutir au sens propre du mot, à le dégrader, à le réveiller aux instincts enfouis, à la convoitise, à la violence, à la haine raciale, au relativisme moral, et montrer que, chaque fois qu’il y a au Viet-Nam une tête coupée et un œil crevé et qu’en France on accepte, une fillette violée et qu’en France on accepte, un Malgache supplicié et qu’en France on accepte, il y a un acquis de la civilisation qui pèse de son poids mort, une régression universelle qui s’opère, une gangrène qui s’installe, un foyer d’infection qui s’étend et qu’au bout de tous ces traités violés, de tous ces mensonges propagés, de toutes ces expéditions punitives tolérées, de tous ces prisonniers ficelés et « interrogés », de tous ces patriotes torturés, au bout de cet orgueil racial encouragé, de cette jactance étalée, il y a le poison instillé dans les veines de l’Europe, et le progrès lent, mais sûr, de l’ensauvagement du continent.
     Et alors, un beau jour, la bourgeoisie est réveillée par un formidable choc en retour : les gestapos s’affairent, les prisons s’emplissent, les tortionnaires inventent, raffinent, discutent autour des chevalets.
 »

Aimé Césaire, Discours sur le colonialisme, éd. Présence Africaine, 2000.
Première publication aux éditions « Réclame »
(maison d’édition du Parti communiste français), le 7 juin 1950,
avec en exergue une citation de l’ancien chef de la résistance FTPF
et co-dirigeant du bureau politique du PCF Jacques Duclos,
« le colonialisme, cette honte du XXe siècle. », et une préface de ce dernier.

À remplacer Viet-Nam par Irak, Afghanistan, Iran, ou encore, guerre financière contre les populations, le texte de Césaire s’actualise étrangement à nos yeux, puis la créolité s’impose.

     « La violence qui a présidé à l’arrangement du monde colonial, qui a rythmé inlassablement la destruction des formes sociales indigènes, démoli sans restrictions les systèmes de références de l’économie, les modes d’apparence, d’habillement, sera revendiquée et assumée par le colonisé au moment où, décidant d’être l’histoire en actes, la masse colonisée s’engouffrera dans les villes interdites. Faire sauter le monde colonial est désormais une image d’action très claire, très compréhensible et pouvant être reprise par chacun des individus constituant le peuple colonisé. »

Frantz Fanon, Les damnés de la terre,
nouv. éd. La Découverte, Poche, Essais, N°134, 2002 ;
Première édition avec une préface de Jean-Paul Sartre, Maspero, 1961.

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