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Devoir d’ingérence et guerre mondiale

« La guerre c’est la paix. La liberté c’est l’esclavage. L’ignorance c’est la force. » George Orwell, 1984, slogan triptyque en frontispice du ministère de la vérité.

mardi 28 avril 2015, par Louise Desrenards

Je vais d’abord parler depuis le lieu où je vis, un pays qui est à l’avant-scène de la guerre aux côtés des USA et parfois l’y pousse davantage, c’est-à-dire un pays qui a pourtant perdu sa souveraineté nationale et qui s’appelle la France.
J’en arrive ensuite au sujet qui m’a conviée à cette réflexion « provinciale » : un pamphlet américain que je me suis permis de traduire en français sous le titre « Provoquer des guerres : est-ce en cela que la politique étrangère américaine consiste ? » pour le publier dans La Revue des Ressources, à laquelle il conviendra par conséquent de se reporter pour le découvrir (suivre le lien en pied de page). (L. D.)

Donc ceci est une présentation

Je vais d’abord parler depuis le lieu où je me trouve, un pays qui est à l’avant-scène de la guerre aux côtés des USA et parfois l’y pousse davantage, c’est-à-dire un pays qui a pourtant perdu sa souveraineté nationale et qui s’appelle la France. La seule situation qui pouvait encore installer une paix internationale et européenne relative après l’effondrement de l’URSS et la fin de la guerre froide a disparu entre les mains du Président Sarkozy après une préparation remontant à la seconde Présidence Chirac : la France hors de l’OTAN. Mais « la France » a intégré l’OTAN et en outre dûment dépêchée dans le cadre du Traité de Lisbonne, co-signé par le Président Obama. Nous voici participants du Nouvel Ordre mondial à advenir en guerre mondiale en renversant nos anciennes alliances, et avec la mesure selon laquelle nous revendiquons maintenant une participation guerrière particulière et globale pulvérisant la politique diplomatique de « coexistence pacifique » qui avait procuré toute l’importance de notre rôle critique.
Avec une « force de frappe » dissuasive (que certains à juste titre contestèrent en leur temps, contre la puissance nucléaire dont les essais étaient préjudiciables aux populations et à l’environnement où la bombe était expérimentée, autant que contre sa capacité d’éradication massive), la posture armée d’un pays indépendant du pacte atlantique comme du pacte de Varsovie, face aux nations dominantes détenant l’arme totale accrue d’autres armes de destruction (pour pallier à la réserve internationale après les bombardements au Japon), put primer contre la guerre en pleine guerre froide, sous la forme d’une action dialectique réellement influente du soutien diplomatique (et non militaire) aux mouvements de libération, tout en agissant pour la paix dans le monde, de la part de la France après la guerre d’Algérie. Et je le dis sans hagiographie parce que pendant ce temps monsieur Foccart contradictoirement mais officiellement œuvrait entre l’Élysée et l’Afrique pour la Françafrique. Aujourd’hui, vus les restes de l’ancienne armée indépendante et étant les seuls en Europe à en être dotés, dû à l’histoire de l’autonomie internationale de la Ve République, nous sommes maintenant une armée de service sous un leadership mondial dirigé par la stratégie de l’échiquier du Pentagone. Ce n’est pas seulement le cadre de la répartition planétaire des ressources selon les lois du grand marché (commercial et financier) et sa distribution géo-économique à des parties privilégiées dans le cadre des organisations supra-nationales, c’est aussi la question de la domination occidentale militaire et militarisée sur le monde pour y parvenir, et parfois ne sachant même plus ce qu’était son objet la guerre se perpétue comme une espèce proliférante dans le chaos géopolitique du plus large à nos villes mêmes. La guerre pour la guerre, la dépense des armes et celle des sociétés post-traditionnelles exclues du marché mondial et celle des classes post-prolétariennes sans ouvrage reconverties en chair à drones ou à OGM abrégeant la vie.
Je ne reviendrai pas sur les détails de notre implication au premier plan de la catastrophe syrienne après la libyenne (toujours en cours), ni sur les catastrophes africaines dans lesquelles nous avons trempé ou que nous avons déclenchées récemment (alors que nous pensions cela relégué dans notre passé colonial et de la Françafrique déjà citée), ni sur la participation active à l’embargo européen à l’égard de la Russie, (une catastrophe économique à l’impact lourd dans certains pays d’Europe), tout en n’étant pas de ceux favorables à la fin de l’embargo sur l’Iran (Fabius en a redemandé à Kerry sur les garanties), au point de révéler une posture du gouvernement socialiste français à la droite du Département d’État américain, et ralliant l’extrême droite du Sénat concernant le rôle des pétromonarchies au Moyen Orient. Finalement la guerre du Yémen satisfait ces alliances en réglant les contradictions entre partenaires sur le dos d’un pays écarté de la zone internationalement disputée par les grands blocs, où les intérêts des turbulences et de leurs soutiens ne s’accordaient pas ; sans un nouveau front armé extérieur à l’œil du cyclone, reprenant l’éclatement du conflit ailleurs, tandis que celui qui opposait se poursuit, elles ne pouvaient trouver de consensus. Donc plus et plus toujours plus de guerre, la paix ne met pas d’accord, l’argent des armes et les pertes humaines, considérés en termes d’économie démographique, à l’horizon des crises délibérément causées par le système exécutif d’un ordre du monde imaginaire passé aux actes... oui, là-dessus tous les partenaires sont d’accord : la guerre c’est la paix.

J’en arrive enfin au sujet qui m’a conviée à cette réflexion « provinciale » : un pamphlet américain que je me suis permis de traduire en français pour le transmettre. Tant qu’Internet nous permet encore cela, la navigation numérique vaut peut-être d’être défendue pour ce qu’il reste du réseau. À propos de l’envoi de parachutistes de la 173ème brigade aéroportée en Ukraine [1], voici l’article extrait du magazine The Contrary Perspective, fondé et dirigé par l’écrivain et journaliste d’investigation et d’opinion W.J. Astore, ancien militaire gradé d’active. De la loi d’ingérence à l’émergence de la généralisation de la guerre après le politique, après la Bosnie et depuis la guerre d’Irak, nous constatons l’usage pervers de ce droit au profit de l’impérialisme occidental aux armes les plus puissantes du monde, et cette extension autrefois lointaine affecte maintenant les libertés et la paix européennes au-dedans, et au-delà les autres continents — ainsi déstabilisés. Et forcément, maintenant, ce ne sont plus les français qui le disent à la tribune de l’Organisation des Nations Unies, tout au contraire. Suivre le lien sous l’image...

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Le Ministère de la vérité (in 1984)
Photomontage par Jordan L’Hôte
CC, Source fr.wikipedia.

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Voir en ligne : « Provoquer des guerres : est-ce en cela que la politique étrangère américaine consiste ? » (La RdR)

P.-S.

Logo source : http://inktank.fi, le titre (traduit) de l’article est : 13 citations de 1984 de George Orwell qui résonnent plus que jamais.

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